Un champ d’application resserré

La réforme distingue désormais nettement deux régimes selon la taille de l’entreprise. Pour les structures de moins de 50 salariés, l’obligation d’information individuelle directe demeure, recentrée sur son public naturel : les petites structures où un rachat par les salariés est réellement envisageable. Pour les entreprises de 50 salariés et plus dotées d’un CSE, cette information individuelle disparaît au profit d’une consultation collective de l’instance représentative, un formalisme plus adapté à des organisations déjà structurées.

Le cas de la cession du fonds de commerce

L’obligation d’information ne concerne pas uniquement la cession des titres d’une société : elle s’applique de la même façon à la vente d’un fonds de commerce, qu’il s’agisse d’une entreprise individuelle ou d’une société qui cède son actif d’exploitation plutôt que ses titres. Ces deux hypothèses reposent sur des textes distincts — l’article L. 141-23 du Code de commerce pour le fonds de commerce, les articles L. 23-10-1 et suivants pour la cession de titres — mais la loi du 26 mai 2026 les réforme de façon symétrique : même resserrement du public concerné selon l’effectif, même réduction du délai, même allégement de la sanction. Un dirigeant qui hésite entre céder son fonds ou céder les titres de sa société doit donc intégrer cette contrainte dans les deux scénarios, sans qu’elle ne pèse davantage dans un sens que dans l’autre.

Un délai divisé par deux

Le changement le plus sensible pour les cédants concerne le calendrier : le délai minimal entre l’information des salariés et la signature de la cession — du fonds comme des titres — passe de deux mois à un mois. Pour un dirigeant qui a déjà négocié pendant des mois avec un repreneur, cette réduction de moitié limite le risque de voir une opération capoter faute de délai, ou de devoir dévoiler l’identité de l’acquéreur trop tôt dans le processus.

Une sanction nettement allégée

Le non-respect de l’obligation d’information restait jusqu’ici sanctionné par une amende civile pouvant atteindre 2 % du prix de vente — un montant dissuasif qui pésait lourdement sur la sécurité juridique de l’opération. Ce plafond est désormais ramené à 0,5 %. Le risque financier attaché à un oubli ou une erreur de procédure reste réel, mais il n’est plus disproportionné au regard de la faute commise.

Ce qu’il faut retenir

Pour un dirigeant de PME qui envisage une cession, trois réflexes s’imposent : vérifier l’effectif exact de l’entreprise pour identifier le régime applicable (information directe ou consultation du CSE), intégrer le nouveau délai d’un mois dans le rétroplanning de l’opération — que la cession porte sur le fonds ou sur les titres —, et ne pas relâcher la rigueur procédurale malgré la baisse du plafond de sanction. Un accompagnement juridique en amont permet de sécuriser ce calendrier resserré sans exposer l’opération à un risque évitable.

Récapitulatif

Avant le 27 juillet 2026Depuis le 27 juillet 2026
Entreprises < 50 salariésInformation individuelle directe de chaque salariéInformation individuelle directe maintenue
Entreprises ≥ 50 salariés (avec CSE)Information individuelle directe de chaque salariéConsultation collective du CSE, sans information individuelle
Opérations concernéesVente de fonds de commerce ou cession de participations donnant accès à la majorité du capitalInchangé — les deux opérations restent soumises à l’obligation
Délai minimal avant la cession2 mois à compter de l’information des salariés1 mois à compter de l’information ou de la consultation du CSE
Plafond de l’amende civile en cas de manquement2 % du prix de vente0,5 % du prix de vente
Fondement légalArt. L. 141-23 (fonds de commerce) et L. 23-10-1 et s. (titres) du Code de commerceMêmes articles, modifiés par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026
Cessions concernées par le nouveau régimeCessions conclues à compter du 27 juillet 2026